Je ne suis pas
une simple
artisane.
Je suis une femme qui a traversé des tempêtes.
Et qui achoisi d'en faire quelque chose.
Ma mission
"J'ai frôlé la mort
J'ai perdu un enfant
J'ai nourri la vie"
Ce n'est pas un hasard si je crée ce que je crée. Chaque objet qui sort de mon atelier porte l'empreinte de ce que j'ai moi-même traversé. Je ne parle pas de transformation corporelle depuis un livre. Je la connais de l'intérieur.
J'ai compris que le corps féminin traverse des tempêtes que les mots ne savent pas toujours nommer. Et que parfois, ce dont on a besoin — ce n'est pas d'un discours. C'est d'un objet. Quelque chose de tangible à tenir entre ses mains, à porter sur sa peau, à regarder quand les mots manquent.
"Je transforme les métamorphoses du corps féminin en talismans tangibles — pour celles qui veulent se réconcilier avec leur histoire corporelle sans l'effacer."
CE QUI M'A CONSTRUITE
Cinq moments qui ont tout changé.
Pas des anecdotes. Des fondations.
LE COMMENCEMENT DE TOUT
Le jour où la vie
a failli basculer.
L'urgence de garder des traces.
Il y a des moments où tout s'arrête. Où tu réalises, en une fraction de seconde, que rien n'est acquis. Ni demain, ni même la prochaine heure. J'ai vécu ça. Et dans cet instant suspendu entre deux respirations, une seule pensée : est-ce que j'ai gardé assez de traces de ce qui compte ?
C'est cette question qui est à l'origine de tout ce que je crée aujourd'hui. Pas par peur de la mort — mais par amour de la vie. Par conviction que les moments qui nous traversent méritent d'être ancrés dans quelque chose de réel, avant qu'il soit trop tard.
« La vie peut basculer à tout moment. En une fraction de seconde, tout peut passer de vie à trépas. »
CE QUE J'AI RÉALISÉ CE JOUR-LÀ
✦ Ce n'est pas la peur qui m'a mise en mouvement.
C'est l'urgence d'honorer ce qui est vivant,
maintenant, pendant qu'il en est encore temps.
LE DEUIL D'UNE UTOPIE
Un accouchement
qui n'a pas ressemblé
à ce que j'avais imaginé.
Quand la réalité fracasse le rêve.
On n'imagine pas à quel point on construit une image de comment ça va se passer. La chambre, la lumière, les premières secondes. Et puis la réalité arrive — brutale, précipitée, sans demander la permission. Et avec elle, un deuil silencieux que personne ne nomme vraiment : le deuil de ce que ça aurait dû être.
Ce que j'aurais voulu, c'est avoir une trace de ce ventre-là. De ce moment-là, même imparfait. Parce que parfois, il ne reste que ça de la grossesse ou de bébé — et c'est exactement pour ça que je crée des moulages.
« Devoir faire le deuil d'une utopie, c'est un deuil à part entière. »
CE QUE J'AI COMPRIS EN TRAVERSANT ÇA
○ Regretter de ne pas avoir figé ce moment, c'est une douleur discrète mais réelle.
Mes moulages existent pour qu'aucune femme n'ait à ressentir ça.
L'INVISIBLE QU'ON N'A PAS LE DROIT DE PLEURER
Un deuil que personne
ne reconnaît vraiment.
Matérialiser ce qu'on n'a pas pu garder.
Quand on perd un enfant avant même qu'il soit né, on se heurte à quelque chose d'étrange et de douloureux : le monde continue comme si rien ne s'était passé. Les phrases qu'on entend alors — toutes bien intentionnées, toutes maladroites — n'atteignent pas. Elles heurtent. Elles invalident.
Ce dont j'avais besoin, ce n'était pas de mots. C'était de quelque chose à tenir. Un petit caillou enterré sous un arbre. Une trace physique de ce qui avait existé, même brièvement. C'est de là que viennent mes bijoux mémoriels.
« Toutes ces phrases m'ont violemment heurtée. Toutes m'ont invalidée dans mes émotions. »
CE QUE J'AI RESSENTI — ET CE QUE TANT D'AUTRES RESSENTENT
◇ Le besoin de matérialiser l'invisible n'est pas un caprice. C'est une nécessité profondément humaine.
Je crée des objets pour celles dont le deuil n'a pas de nom officiel.
LA FIN D'UNE ÉPOQUE
Quatre ans à nourrir la vie.
Et le droit de le sacraliser.
Quand le corps se réapproprie son histoire.
J'ai allaité pendant quatre ans. Et quand est venu le moment d'arrêter — cette dernière tétée, ce dernier biberon de lait maternel — j'ai réalisé quelque chose : ce lait, ce n'était pas juste du lait. C'était quatre ans de ma vie. Quatre ans de nuits, de don de soi, d'un lien physique unique et irremplaçable.
Et j'avais le droit de vouloir garder une trace de ça. De ne pas laisser cette transition se dissoudre dans le quotidien sans laisser de marque. On garde des ovocytes — pourquoi pas du lait ? Pourquoi pas un bijou qui dit : ça a existé, et c'était précieux ?
« Le lait maternel, MON lait maternel — c'est pas juste du lait. C'est de l'OR. »
LA REVELATION DU DERNIER BIBERON AU CONGELATEUR
✦ La fin de l'allaitement est une transition que notre société ne célèbre pas.
Mes bijoux au lait maternel existent pour que chaque femme puisse marquer ce passage à sa façon.
LA QUESTIONS QUI A TOUT DECLENCHÉ
« Tu crois que je serais
un jour de nouveau
complète ? »
Quand la reconstruction physique ne suffit pas.
Ma belle-sœur a posé cette question après sa mastectomie. Elle avait traversé les opérations, la reconstruction, tout ce que la médecine pouvait faire. Et pourtant, quelque chose manquait encore. Pas dans son corps — dans son regard sur son corps.
Ce n'était pas un tatouage d'aréole qui allait répondre à ça. Un dessin plat sur une peau transformée ne dit pas la même chose qu'une texture réelle, qu'une nuance vivante qui ressemble à ce qui était là avant. C'est pour elle — et pour toutes celles qui lui ressemblent — que j'ai créé mes prothèses d'aréole 3D.
« Tu crois que je serais un jour de nouveau complète ? »
LA QUESTION QUI A TOUT CHANGÉ
◇La reconstruction physique répare le corps. Mais la complétude
identitaire — le sentiment de se reconnaître à nouveau
dans son miroir — demande quelque chose d'autre. C'est ce que je crée.
CE EN QUOI JE CROIS PROFONDEMENT.
RÉSILIENCE
« La vie continue de tourner, et je choisis d'en faire une danse plutôt qu'un combat. »
DOUCEUR
Être une guerrière douce avec celles qui ont souffert. Tenir l'espace sans jamais brusquer.
AUTENTICITÉ
Refuser le faux-semblant. Parler vrai même quand c'est inconfortable. Surtout quand c'est inconfortable.
CRÉATIVITÉ
Donner forme à l'invisible. Ancrer dans la matière ce que le temps voudrait effacer.
TRANSMISION
Partager mes leçons de résilience pour que chaque femme trouve son propre chemin vers la lumière.
ET MAINTENANT